Le troc de maison: fantastique

(Cet article est aussi disponible via le site de Famille d’aujourd’hui)

Je prends un moment pour vous parler de cette première expérience de troc de maison que nous sommes en train de vivre.

Il y a plusieurs mois, en octobre dernier, je rêvais déjà aux vacances de cet été, mais nous mettions en doute notre budget pour faire un voyage outremer. Étant intéressée par l’économie de partage, j’ai tapé dans une recherche: «échange de maison», et je suis tombée sur le site Trocmaison.com

J’ai fouiné sur le site, et j’ai été attirée par les maisons que je voyais défiler aux quatre coins du monde… En voyant les profils des abonnés défiler, je me rendais compte que plusieurs avaient fait plus de 10 échanges dans leur vie! Il y avait aussi des familles.

Les maisons inscrites sur le sites étaient variées: il y en avait des majestueuses à faire rêver, mais aussi des plus modestes. L’offre allait de mini-appartements à de véritables châteaux – pour de vrai! Par curiosité, je me suis inscrite sur le site, sans trop savoir à quoi m’attendre et sans destination précise en tête. Le prix d’adhésion de 170$ me semblait raisonnable, surtout que le site garantissait que si on ne trouvait pas un échange la première année, on nous offrait la 2e année gratuite.

Un jour que je fouinais sur le site, j’ai demandé à mon chum : «Tu n’aurais pas envie d’un voyage en Islande?»

L’Islande… Nous connaissions de plus en plus de gens qui s’y aventurait, et ce qu’on en entendait c’était, en gros: «C’est magnifique, ça ressemble à rien d’autre au monde… mais c’est super cher!»

Avec les nouvelles compagnies aériennes offrant le vol direct à des prix  raisonnables, on se disait que si on réussissait à trouver une maison et une voiture en l’échange des nôtres, on couperait pas mal dans nos dépenses…

Alors, j’ai contacté cinq familles avec de jeunes enfants habitant aux environs de Reykjavik… et j’ai attendu. Pas longtemps!

Trois jours après, j’avais un message de Bjorg et Valur, parents de trois filles de l’âge de nos enfants, se disant intéressés par l’échange!

Nous étions surpris et excités! Notre projet prenait forme.

Nous avons donc commencé à discuter avec eux de dates et de durée. Nous avons décidé d’échanger nos voitures également, ce qui en Islande est une nécessité si vous voulez voir un peu du pays – surtout avec une famille! Et les tarifs de location sont exorbitants, surtout pour un 4×4, ce que notre famille d’échange possède. C’est un atout non négligeable pour accéder à des paysages inaccessibles en véhicule régulier.

Après avoir trouvé une plage horaire commune pour l’échange, nous avons rédigé et signé des ententes, qu’on trouve sur le site. En décembre, nos billets d’avion à tous étaient achetés. Nous nous en étions envoyé des copies, pour nous assurer que tout le monde était vraiment en train de concrétiser l’échange – question de ne pas avoir de mauvaise surprise plus tard!

Ensuite, on a un peu oublié ça… jusqu’en mai, où on s’est recontacté pour se voir sur Skype. On a présenté nos familles, fait une visite guidée virtuelle de nos maisons en promenant la caméra. Puis, moi et Bjorg sommes devenues amies Facebook. On a échangé sur plein de petits détails: les choses à voir absolument, combien de tiroirs on voulaient de libres dans les chambres pour mettre nos affaires, la sorte de carburant à utiliser pour les voitures, etc., etc., etc.

Début juillet, on a mis les bouchées doubles: rédigé des notes sur le fonctionnement de notre maison: les électros, où sont les choses utiles, les télécommandes (!), nos adresses préférées… On a fait le grand ménage, vidé des tiroirs, nettoyé la cour… mis ça beau et accueillant, quoi!

Puis est arrivé le jour du départ. Nous sommes partis pour l’aéroport, essoufflés mais heureux. Nous avons laissé la voiture à l’intention de la famille de Bjorg au «Park’N Fly Valet» à l’aéroport de Montréal, puisque nous pouvions y laisser la clé et que ça évitait à la famille islandaise de chercher notre voiture partout dans le parking… Là, c’était tout simple: ils n’avaient qu’à se présenter au parking grâce aux navettes gratuites et à demander la voiture à la réception.

L’Islande a cela d’agréable qu’on y accède en seulement 4 heures 40 de vol, ce qui est idéal avec de jeunes enfants. Quand nous sommes arrivés, comme nous étions la première famille à faire le voyage, Bjorg a décidé de venir à notre rencontre pour nous accueillir à l’aéroport et nous mener à la maison. En arrivant, elle nous a laissé nous reposer. Elle avait préparé plusieurs petits cadeaux à notre attention et de quoi déjeuner – et nous avions fait de même chez nous. C’est très touchant d’arriver quelque part et de trouver ces petites attentions, on se sent vraiment bienvenus… Quelques heures plus tard, on a pu rencontrer toute la famille, qui s’est arrêtée avant de se rendre à l’aéroport, pour expliquer les derniers petits trucs et nous saluer. Les filles sont allés voir leur chambre, et ont constaté que nos enfants s’y étaient déjà un peu installé. Puis ils sont partis.

Et maintenant qu’on est tous dans la maison des autres, on continue à communiquer par Facebook au besoin pour de petits détails: où sont les clés de telle porte, la pompe pour gonfler les matelas de camping, comment marche le service de livraison postal…

Le grand avantage de l’échange je trouve, en plus de cette relation directe avec une autre famille, c’est d’arriver dans un environnement à la fois familier et différent. Les enfants découvrent de nouveaux jouets et s’installent dans une chambre avec une âme, en quelque sorte. Et ses milles et un trucs dont on a besoin au quotidien dans une famille sont là. On se sent vite chez soi, bizarrement. Les enfants disent déjà: «On rentre à la maison» pour se reposer après une journée de découvertes.

Avoir un pied-à-terre avec nos enfants de 7 et 4 ans, c’est nécessaire. Faire le grand tour de l’Islande, continuellement sur la route, ça n’aurais pas été possible, ni souhaitable. Après une virée en 4×4 sur les routes islandaises, on rentre le soir, et on dort jusqu’à l’heure où on en a besoin. Pas de «check out». Pas de bagages à refaire chaque jour. On prend une journée relax à la maison entre chaque escapade plus longue. Les petits retrouvent leur repaire, jouent avec les jouets, relaxent sur le divan, regardent parfois un film. Pendant ce temps, les grands font des trucs de grands, lavage, bouffe, préparation du voyage du lendemain, en prenant une bière.

Comme à la maison.

Avec comme bonus islandais: le bain tourbillon sur le balcon,
et des nuits où le soleil ne se couche jamais tout à fait.

 

 

5 Comments Add yours

  1. Caroline dit :

    Je rêve de tenter l’expérience. ton récit me convainc. Ce qui m’inquiète, est d’habiter loin des grands centres (je suis de st-ambroise-de-kildare, dans Lanaudiere) et que les gens ne soient pas interesser par l’endroit!

    1. martine dit :

      Je te dirais de tenter ta chance, il y a des gens qui préfèrent être hors des grands centres justement ! Mais un échange de voiture est souvent préférable à ce moment-là.

  2. « Nous sommes partis à l’aéroport, essoufflés mais heureux! » Ca me parle tellement ^^
    On est tellement lessivés en partant après avoir fait briller notre maison que l’on apprécie VRAIMENT les vacances après ça 🙂

  3. Françoise et André dit :

    Votre récit est très vivant. Cela donne envie d’essayer l’échange de maison et même d’aller vous rejoindre.

    Pour les enfants, et même pour leurs parents, c’est une belle ouverture sur le monde.

    Par ailleurs, les paysages des photos reçues récemment nous enchantent par leur unicité. Vraiment dépaysant.

    Profitez bien de votre séjour.

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